Le Projet 

Le Plateau de Vitrolles brûle le 10 août 2016. 

Avec lui, ont été touchés l'ensemble des fragments de forêt situés en bordure d'espace urbain. 

Ces franges sauvages peuplées d'une dense pinède et d'un couvert de garrigue épais ont été, ce jour là, également brûlées. 

Enjeu du projet:

Réparer le plateau dans sa dimension écologique mais surtout réparer le lien entre la population et son milieu naturel. 

Penser le devenir d'un paysage incendié n'est pas seulement le fait de recréer un système écologique dont l'intégrité aurait été atteinte. 

"Panser" un paysage abîmé, c'est l'envisager dans sa dimension humaine et prendre en compte le lien social que la ville a tissé avec lui. 

 

Chaque lieu incendié emporte avec lui une part de transposition de la part de ses usagers. C'est cette dimension dite "affective" qui a fait l'objet, ici, du travail du paysagiste.

 

Le Plateau de Vitrolles est cette limite entre les paysages de la Sainte Victoire (forêts de pins et de chênes sur une géologie argileuse et calcaire) et l'ouverture franche sur les paysages calcaires des bords de la Méditerranée. 

 

Le Plateau est dessiné par une limite géologique formée par une longue cuesta. Les bordures du Plateau de Vitrolles sont des lieux pleins d'usages et créateurs de paysages par eux-mêmes. Ce sont ces lieux de frange et d'interstice qui ont le plus été touchés dans leur dimension humaine. Ce sont dans ces endroits que les flammes sont venues au plus proche des habitations.

A l'origine de simples lieux de transition (ville-nature), ces lieux sont devenus la cristalisation d'une peur et d'une perte d'un patrimoine naturel cher aux habitants. 

 

 

Les plantations (01-2018)

Avant l'incendie, le dessous de la barre des Pinchinades était une épaisse pinède sous laquelle beaucoup de chemins s'étaient formés par les usagers et promeneurs. 

 

Replanter n'était pas une obligation, bien au contraire. Quelques mois aprés l'incendie, la végétation avait déjà repris sa dynamique (explosition des cistes, reprise des chênes kermes et des filaires). 

 

Cependant, il fallait aider la forêt de chênes existants à gagner de l'ampleur face à la rapidité colonisante de la pinède. Il fallait donc reconstituer un cordon arbustif qui soulignerait un large chemin emprunté avant l'incendie. 

Le projet s'est réflechi avec 3 stratégies différentes mais combinées:

 

- Ne rien faire

L'ouverture du milieu qu'a crée l'incendie sera finalement maintenue et entretenue pour qu'il ne se recrée pas de pinède, très inflammable. La garrigue va se reconstituer par elle-même et maintenir les sols pentus qui ont besoin d'un couvert afin de maintenir un minimum d'humidité dans les sols. 

 

- Faire participer la population

Recréer un cordon arbustif  en zone basse du flan de colline demande un grand nombre de petits chênes plantés. Dans l'esprit collectif, le geste de replanter par soi-même est vecteur d'appropriation de son environnement et d'implication dans son paysage. 

Le symbole d'une population qui soigne son paysage est fort pour une ville comme Vitrolles. 

Les plantations de tout petits sujets ont été menés par des associations la ville (Graine de vitrollais et par la participation des établissements scolaires de la ville). 

 

- Planter des sujets déjà moyens en jardinant la colline

L'aménagement du paysage est parfois créateur de symboles. Les services municipaux ont quand à eux plantés des alignements d'arbres déjà moyens. Mêmes si leur chances de survie sont moins grandes que des petits, il s'agit de montrer une volonté de recréer un cheminement et de refaire surgir un passé commun vitrollais dans la présence de cultures d'amandiers. 

 

 

 

 

Plantation de sujets moyens par les services municipaux
Plantation de petits chênes par la population

Un nouveau paysage s'installe (2 ans aprés l'incendie)

Vue d'ensemble
Alignement d'amandiers à mi-pente
Première floraison